Ce que votre logiciel de transaction ne fera jamais

Hektor, Apimo, Netty, Adapt Immo font très bien ce pour quoi ils ont été conçus. Le travail qui mange les semaines se situe précisément là où ils s'arrêtent.

Le marché français des logiciels de transaction est mature et concentré. Hektor revendique de l'ordre de 5 000 utilisateurs et fait office de référence chez les indépendants. Apimo se distingue par sa couverture de multidiffusion et sa dimension internationale. Netty, devenu Modelo, se positionne en solution tout-en-un. Adapt Immo et ImmoFacile complètent le paysage[1].

Ces produits sont bons. Ils tiennent un portefeuille de mandats, un fichier acquéreurs, un historique de dossiers, et ils le font depuis assez longtemps pour que les agences aient construit leurs habitudes autour. Personne n'a de raison sérieuse d'en changer.

Une base de données n'est pas un exécutant

Un logiciel de transaction est, dans son principe, un système d'enregistrement. Il sait où est l'information, il sait la retrouver, il sait la relier. Ce qu'il ne fait pas, c'est produire un texte, décider d'un moment, ou fabriquer un document à partir d'éléments épars.

Prenez la rédaction d'annonce. Le logiciel connaît la surface, le nombre de pièces, l'étage, le diagnostic de performance énergétique. Il a un champ de texte libre. Ce champ, quelqu'un doit le remplir, à chaque fois, à la main. Le logiciel a fait tout ce qu'on lui demandait, il a stocké et restitué. Il n'a pas écrit.

Même chose pour le rapprochement acquéreurs. La plupart de ces logiciels proposent un rapprochement, souvent sur des critères simples : budget, secteur, nombre de pièces. Un acquéreur qui a dit lors d'une visite qu'il pourrait monter de trente mille euros pour un extérieur ne rentre dans aucun de ces champs. Cette information vit dans la tête d'un négociateur, ou dans une note libre que le rapprochement ne lit pas.

Les passerelles de diffusion, cas d'école

La multidiffusion vers les portails illustre bien la limite. La plupart des logiciels intègrent une passerelle, souvent restreinte à un sous-ensemble de portails, ou facturée à part[1]. La passerelle transporte. Elle n'adapte pas le texte au format de chaque portail, elle ne réécrit pas un titre trop long, elle ne détecte pas qu'une annonce est en ligne depuis quatre-vingt-dix jours sans une seule demande.

Chacun de ces gestes retombe sur un humain. Aucun n'est difficile. Tous prennent quelques minutes. Et il y en a plusieurs dizaines par semaine.

Pourquoi les éditeurs ne combleront pas ce trou

La tentation est d'attendre que l'éditeur ajoute ces fonctions. Deux raisons de ne pas compter dessus à court terme.

D'abord, un éditeur construit pour sa moyenne. Il livre une génération d'annonce qui doit convenir à cinq mille agences, ce qui donne un texte correct et impersonnel, exactement ce qu'une agence ne veut pas mettre en vitrine. Le calibrage sur la voix d'une agence donnée n'est pas un problème que résout un produit de masse.

Ensuite, les agences ne travaillent pas que dans leur logiciel. Elles travaillent dans leur boîte mail, dans un tableur, sur les portails, parfois dans un outil de signature. Un éditeur améliore ce qui se passe chez lui. Le travail qui coûte cher se produit dans les allers-retours entre ces outils, et personne n'est propriétaire de ces allers-retours.

Notre lecture

Nous n'arrivons jamais en proposant de remplacer un logiciel de transaction, et nous refuserions une mission posée dans ce sens. Le logiciel reste la référence de l'agence et il doit le rester. Notre travail se situe dans l'espace que l'éditeur ne couvrira pas, c'est-à-dire la production de ce qui n'existe pas encore et la circulation entre les outils. C'est un espace moins glorieux qu'une refonte de système. Il se trouve que c'est celui qui coûte les heures.

Sources

  1. Outils.immo, comparatif des CRM pour agences immobilières, outils-immo.fr

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